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Burnout : comprendre, ecouter son corps et prévenir la rechute — le témoignage de Claire

Claire partage son vécu et ses apprentissages pour ma 100e chronique au micro de Bxfm
Claire partage son vécu et ses apprentissages pour ma 100e chronique au micro de Bxfm

À l’occasion de ma 100e chronique « Bien-être au travail » sur BXFM, j’ai choisi de donner la parole à Claire.


À 47 ans, Claire est travailleuse sociale communautaire depuis 24 ans dans une association d’éducation permanente. Elle aime profondément son métier. Pourtant, son parcours professionnel a été marqué par un premier burnout, une reprise du travail, puis une seconde période d’arrêt, beaucoup plus longue et difficile.


Aujourd’hui, elle a repris le travail à mi-temps médical et poursuit un chemin de reconstruction qui lui a permis d’explorer différentes dimensions : son environnement professionnel, un accompagnement thérapeutique individuel et, plus récemment, le Chemin IACA.


Nous avons enregistré quatre capsules pour revenir sur ce parcours et sur les apprentissages très concrets qu’elle en retire aujourd’hui.


1. Burnout : comprendre ne suffit pas toujours pour aller mieux


Lors de ses deux périodes d’arrêt, Claire avait déjà entrepris un travail avec des psychologues. Cela lui avait permis de mieux comprendre son fonctionnement, certaines fragilités et les mécanismes qui avaient contribué à son épuisement.

Elle avait donc commencé à répondre aux questions du « quoi » et du « pourquoi ».

Mais une autre question restait ouverte : Comment faire autrement au quotidien ?


Dans la première capsule, Claire raconte notamment comment les trois cercles — ce qui dépend de soi, ce que l’on peut influencer et ce qui est hors de son contrôle — ont constitué un premier déclic.


Elle réalise alors qu’elle confondait parfois ce qui lui appartenait avec ce qui appartenait aux autres : une inquiétude devenait quelque chose qu’elle devait résoudre, un problème devenait automatiquement sa responsabilité.

Ce changement de perspective lui a permis de concentrer progressivement son énergie sur ce qu’elle pouvait réellement changer ou faire avancer.

Elle parle également du passage de l’analyse à l’expérimentation, notamment à travers la respiration, la méditation et l’hypnose.


2. Perfectionnisme et burnout : quand vouloir trop bien faire épuise

Dans la deuxième capsule, Claire aborde un mécanisme qu’elle a longtemps considéré comme un simple trait de caractère : son perfectionnisme.

Elle se décrivait comme exigeante, consciencieuse, attachée au travail bien fait.

Avec le recul, elle le regarde aujourd’hui autrement : davantage comme une stratégie développée au fil de sa vie, notamment pour se sentir en sécurité, répondre aux attentes, éviter les erreurs ou obtenir de la reconnaissance.

Le contexte professionnel avait également renforcé ce fonctionnement : peu de moyens, peu de temps, beaucoup d’attentes, et l’habitude de tout faire elle-même.

L’hypnose lui a permis d’explorer certaines expériences à l’origine de ce fonctionnement et, surtout, de travailler avec les sensations et les émotions plutôt qu'uniquement avec l’analyse.

Aujourd’hui, son perfectionnisme n’a pas disparu.

Mais il ne la gouverne plus de la même manière.

Elle a appris à observer cette « petite voix » qui lui dit qu’elle pourrait faire mieux, plutôt que de la considérer automatiquement comme une vérité.

C’est ce qu’elle décrit à travers la défusion et la métacognition : prendre suffisamment de recul pour pouvoir choisir comment réagir.

3. Burnout : réapprendre à écouter son corps et ses émotions

La troisième capsule marque une nouvelle étape du parcours de Claire.

Elle vient de participer au Chemin IACA, quatre jours pendant lesquels elle a pu ralentir, s’écouter et expérimenter autrement la relation à son corps et à ses émotions.

Elle décrit cette expérience comme une manière de passer progressivement du « je dois » et « il faut » à une première question beaucoup plus simple :

Qu’est-ce que je ressens dans mon corps ?

Une mâchoire crispée, un ventre noué, une tension…

Ces signaux deviennent des informations.

Ils peuvent ensuite permettre d'identifier plus précisément une émotion, puis un besoin.

Claire fait également le lien avec la communication non violente. Elle connaissait déjà le processus intellectuellement. L’expérience vécue lui a permis de l’intégrer davantage : s’arrêter → respirer → observer ce qui se passe dans son corps → identifier l’émotion → reconnaître le besoin → choisir une action ou formuler une demande.

Elle parle aussi de la transformation de son regard sur son propre corps.

Pendant longtemps, elle l’a vécu comme quelque chose qui la ralentissait. Aujourd’hui, elle commence à le considérer comme un système d’information précieux.

Cette expérience s’est inscrite dans la continuité de son travail thérapeutique individuel. Elle évoque également plusieurs moments forts du week-end, dont une rencontre avec des parts plus vulnérables d’elle-même et un travail autour de son histoire familiale.

Elle résume finalement cette étape avec une image que je trouve particulièrement parlante :

« Avec le travail thérapeutique individuel, j’ai pu construire une carte. Et pendant ces quatre jours, j’ai trouvé une boussole. »

4. Après un burnout : construire sa boîte à outils et prévenir la rechute

Après avoir exploré son histoire, ses mécanismes et sa relation au corps et aux émotions, une question reste essentielle :

Comment prendre soin de soi au quotidien ?

Claire explique qu’elle a longtemps cherché la solution, l’outil magique ou la méthode qui réglerait tout.

Aujourd’hui, elle parle plutôt d’une boîte à outils personnalisée.

Elle n’utilise pas nécessairement tout, tous les jours. Elle sait simplement qu’elle dispose de plusieurs ressources et peut choisir celles qui correspondent à ce qu’elle traverse.

Parmi elles, les « trois bulles » :

  • des mini-bulles de quelques minutes au cours de la journée pour vérifier son état physique et ses besoins ;

  • une bulle quotidienne d’environ 20 minutes pour méditer, respirer, marcher ou écrire ;

  • une bulle hebdomadaire plus longue consacrée à une activité qui la nourrit réellement.

Elle parle également de la respiration, qu’elle utilise lorsqu’elle se sent stressée, tendue ou submergée, ainsi que d’outils qui l’aident à gérer la surcharge et à retrouver de la concentration.

Mais son principal apprentissage est peut-être ailleurs :

ne plus attendre que le corps crie pour commencer à l’écouter.

Les petits gestes répétés — boire, respirer, bouger, s’arrêter quelques instants, reconnaître une émotion, identifier un besoin — peuvent devenir de véritables outils de prévention lorsqu’ils s’intègrent dans le quotidien.

Un parcours, pas une recette

Ce que le témoignage de Claire montre surtout, c’est qu’il n’existe pas nécessairement un outil unique ou une solution magique pour sortir durablement d’un burnout.


Son parcours s’est construit progressivement, à travers plusieurs espaces : le soutien de son environnement professionnel, l’accompagnement thérapeutique individuel, puis l’expérience collective du Chemin IACA.

Chaque étape a apporté quelque chose de différent.

  • Comprendre.

  • Expérimenter.

  • Observer.

  • Ressentir.

  • Choisir.

Et progressivement, retrouver davantage de pouvoir d’agir.

Claire a également accepté de franchir une autre étape : mettre des mots sur son parcours et le partager publiquement à la radio.

Comme elle le dit elle-même, passer par la radio fait aussi partie de son chemin.

Merci à elle pour sa confiance et pour la sincérité de son témoignage.

Écouter les 4 capsules sur BXFM


Le parcours de Claire illustre une conviction qui guide mon travail : prévenir ou sortir durablement d'un burnout ne consiste pas à trouver un outil unique, mais à retrouver progressivement du pouvoir d'agir... Lien vers post LinkedIn Lien vers post Facebook Lien vers post Instagram

 
 
 

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